Le Port de Saguenay : un chantier toujours en construction
Le Port de Saguenay est encore en développement. Son directeur général le compare à un adolescent qui n’a pas atteint sa pleine maturité. Pour comprendre les défis du Port de Saguenay, il faut remonter dans le temps selon Carl Laberge. Jusqu’en 1985, le Port de Saguenay était à Chicoutimi. Il a été déménagé à Grande-Anse pour augmenter la capacité de tonnage des bateaux et pour sortir les grands réservoirs d'hydrocarbures du paysage urbain. Le chemin de fer qui mène au port a été inauguré en 2015. Le directeur du Port de Saguenay, Carl Laberge, présente les opérations quotidiennes du port. Le navire derrière lui arrive du Brésil. Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard On a eu à reconstruire toutes ces infrastructures-là. On est encore en train de les mettre en place. L’aménagement des installations du Port de Saguenay est effectivement toujours en cours. Un agrandissement du quai a été annoncé en 2023. Ce printemps, un convoyeur sera installé pour faire monter les marchandises du quai à la zone industrialo-portuaire. Au cours des dernières années, plusieurs entreprises ont fait la manchette pour avoir songé à s’implanter à Saguenay avant de se tourner vers une autre destination. C’est le cas de Vianode, de PowerCo et de Northvolt, entre autres. Pour que ces entreprises choisissent le Port de Saguenay, il faut des installations optimales, comme le précise Carl Laberge. Plus tôt cette semaine, les députés de la CAQ affirmaient que des sommes étaient toujours planifiées pour le développement du Port de Saguenay. Par courriel, le ministère de l'Économie confirme faire partie de l'équation. Une somme est prévue au Fonds du développement économique. Le Port de Saguenay entrepose des matériaux sur
ses terrains. Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard Toutefois, le professeur émérite au département de géographie de l’Université de Montréal, Claude Comtois, rappelle qu'il y a 16 zones industrialo-portuaires un peu partout au Québec. Attirer une multinationale n’est donc pas gagné. Claude Comtois propose de mettre l'accent sur les acquis actuels de l'économie régionale. En 2024, les installations de Grande-Anse ont accueilli 77 navires de marchandises. Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard Le ministre responsable du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Andrée Laforest, explique donc vouloir attendre qu’une entreprise s’installe au Port de Saguenay avant de munir les infrastructures en eau et en énergie. C’est le coût par citoyen. Si on amène l'eau, l'électricité et le gaz, on va faire payer tout de suite les citoyens s'il n'y a pas de compagnie qui arrive. En attendant, Claude Comtois est convaincu que le port est voué à un bel avenir. Même si tous les services ne sont pas encore fonctionnels, le Port de Saguenay est bel et bien actif. En 2024, les installations de Grande-Anse ont accueilli 77 navires de marchandises. Des matériaux solides et liquides qui proviennent de plusieurs régions du monde transitent par le port. Le port de Saguenay a reçu plus de 57 000 tonnes de matériaux liquides en vrac en 2024. Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard Le port, d'une profondeur de près de 14 mètres, peut aussi servir à transborder des cargaisons. Certains grands navires ne peuvent traverser le Canal-de-Lachine à Montréal pour accéder aux marchés des Grands Lacs. Par ailleurs, le contexte actuel de guerre commerciale avec les États-Unis pourrait favoriser le secteur du transport maritime. En cherchant de nouveaux partenaires commerciaux, les entreprises de la région pourraient donc se tourner vers le Port de Saguenay.On est un port qui est jeune. On est une relocalisation du Port de Chicoutimi qui avait presque 100 ans d’histoire et qui a été relocalisé dans un site complètement vierge
, affirme le directeur.
Il faut mettre ces infrastructures-là en place pour que les clients les utilisent
, résume le directeur général.Développement
C'est un engagement. On le sait. C'est un engagement qui impliquait aussi de travailler en parallèle des projets qui avancent comme Arianne Phosphate, First Phosphate. Je pense que les investissements de 105,5 vont s'arrimer au fur et à mesure que les projets vont s'avancer
, a indiqué le député de Dubuc, François Tremblay.Les analyses et discussions se poursuivent actuellement afin d’accroître les capacités énergétiques du site et de mettre en place les infrastructures municipales requises pour l’accueil de projets industriels
, a écrit un porte-parole.
Ce n'est pas en envoyant une délégation commerciale tous azimuts quelque part en Europe ou en Asie que nécessairement, vous allez attirer des multinationales du secteur de la transformation, explique-t-il. Ces industries-là vont exiger des conditions.
À mon avis, vous avez déjà des PME extrêmement performantes dans la région de Saguenay, expose-t-il. C'est de demander à ces entreprises-là qui sont leurs partenaires? Est-ce qu'on pourrait trouver des partenaires commerciaux supplémentaires?

C'est un port qui a le vent dans les voiles. Il n'y a pas de soucis. Le personnel est compétent. Le port est très bien entretenu. Il y a de l'espace d'agrandissement. Vous avez la colonne d'eau disponible et c'est un port qui est ouvert à l'année.
En activité
Il y a aussi des entreprises régionales qui ont des contrats de production de pièces hors normes, par exemple pour la construction d'une mine ou d'un barrage sur la Côte-Nord, ajoute Carl Laberge. Ils vont faire de la production ici, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ils vont faire des opérations d'assemblage complémentaires au port, ça va embarquer sur des navires ou des barges et ça va s'en aller en direction des clients.

Quand on parle des Américains, c'est le seul client qu'on peut desservir par la frontière terrestre, conclut Carl Laberge. Tous les autres pays du monde, si on veut commercer avec eux, ça va se passer par navire.
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